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Faut-il interdire tout ce qui brille ?

écrit par Stéphanie janvier 2, 2018
Faut-il interdire tout ce qui brille ?

À l’heure où nos choix de consommation sont tiraillés entre un budget avare et une éthique grandissante, les strass et paillettes, c’est un peu la goutte d’eau qui ne devait pas tomber dans le vase. Alors que l’on sort à peine de cette période des fêtes, durant laquelle nous avons dû choisir des cadeaux, des décorations, mais aussi durant laquelle nous avons tous vu (ou refusé de voir) cette actualité mettant en évidence le risque écologique de ces micro-particules de plastique : les paillettes. Briller de mille feux ou sauver les océans, sommes-nous obligés de choisir ?

Utilisés dans de nombreux cosmétiques, les micro-plastiques prennent plusieurs formes : des micro-billes de plastique dans les gommages, crèmes exfoliantes, dentifrices, aux paillettes faites de polytéréphtalate d’éthylène (PET). Ces petits morceaux de plastiques finissent inexorablement dans les égouts, puis dans les océans, et sont ensuite mangés par le plancton, ces organismes à la base de notre chaîne alimentaire. Ils sont une menace pour les coraux, les crustacés, les poissons, les oiseaux de mer, et toutes les autres espèces marines qui dépendent de cet écosystème fragile. Les micro-plastiques représenteraient 85 % du plastique présent dans les océans. Il est donc difficile de l’ignorer.

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Ces micro-plastiques ne sont pas biodégradables et la quantité exacte de paillettes s’échappant dans les voies marines est encore inconnue. Aux États-Unis, les scientifiques estiment tout de même que plus de 8 billions de ces micro-particules circulent dans les eaux usées chaque jour. À ce titre, la production de produits cosmétiques contenant des micro-plastiques est interdite au Etats-Unis depuis juillet 2017, la vente de ces produits sera interdite à partir de juillet 2018, et cette interdiction s’étendra aux médicaments en vente libre à partir de juillet 2019. Le Canada a interdit l’usage des micro-billes de plastiques en juin 2016 et 19 écoles maternelles britanniques ont cessé d’utiliser des paillettes pour leurs ateliers créatifs.

Mais, alors que les dangers de l’accumulation de micro-plastiques dans l’environnement ne font aucun doute pour les scientifiques, la taille et le type de particules étant variés, il est encore difficile de traduire les effets de la pollution des paillettes. Une interdiction globale des paillettes serait donc prématurée, mais il est important de sensibiliser le grand public, en ces périodes de fêtes, à l’utilisation de ces plastiques scintillants. Si l’accumulation des micro-plastiques est une menace pour la biodiversité marine, la solution pourrait être d’imposer de nouvelles mesures réglementaires aux industriels. Par ailleurs, Cosmetics Europe recommande aux industries cosmétiques de ne plus avoir recours aux micro-billes de plastique. Nous pouvons d’ailleurs saluer l’initiative de la marque de produits cosmétiques Lush, qui a décidé de remplacer les paillettes faites de PET par des mica à base de silice minérale.

Nos actes d’achats sont devenus des actes de soutien, de boycott, et inversement l’absence d’achat est, elle, vécue comme un sacrifice pour la planète. Concernant les paillettes, finissez vos palettes de maquillages en plastique, et remplacez-les par des cosmétiques naturels, dont le packaging est pensé pour être durable, voire rechargeable comme c’est le cas pour la marque Zao. Ne voyez pas cela comme une privation, mais pensez au long terme, aux solutions et aux alternatives. Alors oui ça avait l’air sympa les barbes à paillettes et le make-up sous les bras, mais quelque chose me dit que si vous êtes ici, c’est que vous n’avez pas besoin d’artifices pour briller en société.

 

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