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No-shopping ; plus de peur que de mal !

écrit par Noémie mai 23, 2018
No-shopping ; plus de peur que de mal !

Nous connaissons toutes cette sensation d’overdose, quand le “trop” se fait sentir, comme après le repas de noël en six services de chez mamie. Ces derniers temps un nouveau mouvement grandit, au fil d’initiatives et de défis lancés via internet. Son nom ferait frémir n’importe quelle amatrice de vêtements et pourtant, il arrive, il grandit… c’est le No-Shopping.

L’heure est au sevrage

Sans être bilingue, le concept semble évident, ne plus rien acheter sur une période donnée, en général au moins une année pour les blogueuses qui s’y mettent. Et elles sont nombreuses ! Parce que, oui, la montée de ce mouvement est portée par l’envie des influenceuses et autres travailleuses de la mode de sortir des carcans qui les enferment, ce devoir permanent d’acheter, d’avoir, d’accumuler pour se sentir vivre. Avec le shopping comme avec d’autres drogues, l’heure est au sevrage.

Réveillée par l’ensemble des discours éthiques qui bousculent l’industrie textile et le système consumériste, l’envie de retourner à des valeurs plus saines envahit les consciences.

Le but n’est pas de se faire souffrir, mais bien de se rééquilibrer, d’apprendre à savoir dire non face à ce petit pull trop mignon ou cette paire de basket qu’il faut avoir, et redécouvrir les pièces oubliées dans nos placards. Ne plus être définies par ce que l’on achète mais par la manière dont on consomme, comme un écho aux revendications féministes actuelles. Belles mais pas sottes, les acheteuses reprennent les rennes de leurs cartes bleues.

Stop à la fièvre acheteuse

Le concept du no-shopping est aussi fort de sa flexibilité. Pour certains, il sera question de ne rien acheter de neuf, en favorisant la seconde main, le partage ou la location, et ainsi de créer une sorte de communauté, comme c’est déjà le cas avec le Défi Rien de Neuf, lancé pour l’année 2018 par l’association Zero Waste France. Ainsi, les membres qui relèvent le défi abandonnent les achats systématiques pour favoriser l’échange et l’entraide.  D’autres délimitent une quantité “maximum” à avoir, comme Courtney Carver qui à décidé de ne s’habiller qu’avec 33 pièces par saison (chaussures et accessoires inclus), dans son Project 333. Ensuite, il y a les plus radicaux, celles et ceux qui n’achètent plus rien. Réellement. Et quelque soit la méthode choisie, le no-shopping n’a fait aucun malheureux, bien au contraire.

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crédit photo : hanson lu

Comme lorsque l’on arrête de fumer, les débuts sont souvent difficiles. Il faut éviter les lieux à risque (ici les centres commerciaux et autres sites de ventes privées), se féliciter de chaque petites victoires et ne pas hésiter à en parler autour de soi ! Petit à petit, les placards se vident (le but étant de ne garder que ce qui sert) et les no-shoppeurs apprennent à s’occuper de manière différente. Plus de sorties ou de voyages, des investissements réfléchis, de belles économies… Une fois les habitudes prises, il est finalement assez difficile de retomber dans une frénésie acheteuse.

Une autre consommation

La prise de recul qu’engendre le no-shopping réveille l’attention et pousse le consommateur à prendre pleine conscience de ce qu’il achète : est-ce vraiment utile ? De bonne qualité ? Au juste prix ? Toutes ces questions visent à ralentir l’achat et à redevenir maître de ses dépenses.

Le bien qui en découle est immense. Les no-shoppeurs portent un sentiment de fierté, de responsabilité et retrouvent un équilibre dans une société actuelle trop ancrée dans la consommation. Faire bouger ces lignes, c’est aussi une voie vers une façon de consommer plus écologique, moins rapide, maîtrisée. Donner un peu de souffle à la planète, privilégier les marques éthiques, et mettre son petit coup de pied dans la fourmilière de la fast fashion.

Et si même les vendeuses de rêve, les blogueuses, qui vivent de ces collections de mode éphémères prônent le freinage d’urgence, c’est que la coupe, pardon, l’armoire est pleine.

 

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