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Lettre à la consommation

written by Sarah juillet 11, 2017
Lettre à la consommation

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Avant d’intégrer l’équipe du MUE magazine, j’étais de ceux qui, hypnotisés par la dynamique des foules, bravent l’étendard de la révolte un samedi après-midi. Le consumérisme de masse exerçait à outrance, depuis l’avènement des révolutions industrielles et technologiques, guidées par le travail à la chaîne et la capacité de nos industries à produire au-delà de nos besoins, voici nos vies aujourd’hui.  Et j’avais beau m’insurger contre l’omnipotence des multinationales sur nos vies de fidèles consommateurs, mes démons d’occidentale de la middle class revenait me hanter. Tantôt en marge d’un système bien pensant, tantôt assoiffée de consommation. Des rechutes de toxico en sevrage. Ce combat n’en finissait pas. Le plus dur était de résister. Tentée par ces moments d’hystérie incontrôlable, comme aimantée vers la nouvelle collection. Ces crises d’angoisses, que l’on finit par calmer les bras chargés de sacs, le porte-feuille vide et l’esprit éreinté. La dose d’endorphine, c’est sûrement elle qui nous pousse à accumuler toujours plus, plus cher, plus fashion, plus nouveau, plus neuf, plus seule. Oui, plus seule, lorsque quelques heures plus tard les remords se pointent. Et, avec eux, un tas de fringues informes gisant sur notre lit que l’on a même pas osé essayer de peur d’affronter cette cabine aux mille regards criblant notre corps d’accusations, inspectant ses plus infimes parcelles. Lynchage optique. L’envie de s’arracher la peau, de disparaître. Tirer le rideau. Ravaler ses larmes. Et, enfin, se haïr, se flageller pour satisfaire ces marques auxquelles notre corps n’a pas su rendre hommage, pour lesquelles nos fesses n’ont pas su se discipliner. Pour lesquelles on se veut belle.

– Tout s’est bien passé mademoiselle ?

– Oui merci… mais finalement je ne vais rien prendre.

 

 

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  • Laurianna Falleri

    De toute évidence une honorable volonté de lyrisme, mais malheureusement une syntaxe parfois maladroite et vide de sens même si l’usage de fancy words (petit clin d’oeil à l’utilisation d’expressions anglaises dans le texte également..) peut donner l’impression d’une rhétorique maîtrisée et bien mystérieuse. La critique n’est parfois pas aisée à recevoir ni à émettre d’ailleurs, mais entendez ce petit message comme un encouragement à poursuivre cette attitude pleine de panache dans vos textes tout en y prêtant une plus grande attention aux détails. La perfection est dans le détail, comme disait Michel Ange.