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STOP aux vitrines éclairées la nuit

written by Sarah novembre 1, 2017
STOP aux vitrines éclairées la nuit

La nuit, lorsque l’on se balade dans les rues françaises, c’est tous les soirs la fête ! Les vitrines sont flamboyantes, éclairent de milles feux. Certes, c’est peut-être plus rassurant, quand on rentre chez soi à 2h du matin, d’avoir un peu de lumière sur le chemin. Mais j’ai quelque chose de moins rassurant à vous annoncer. Selon le site de l’AFE (Association Française de l’Éclairage), la consommation électrique mondiale des commerces est de 1 150 tonnes de CO2/ an. Quant à la France, le tableau culminerait jusqu’à 5,6 tonnes de CO2 par an. Alors, à quoi bon nous rabâcher sans cesse qu’il est primordial d’éteindre nos prises et nos lumières à la maison pour économiser de l’énergie, quand on voit ce que consomment nos grandes enseignes ?

Une législation à affirmer

Le 1er juillet 2013, la parole était à la sobriété énergétique. Fut adopté un arrêté ministériel dans le but d’interdire aux vitrines d’être allumées entre une et sept heures du matin (sauf période de Noël, consommation oblige). Le but de l’opération ? Réduire la facture énergétique des commerces, réduire les nuisances lumineuses et améliorer le cadre de vie en diminuant l’impact paysager.

Cette aberration devait prendre fin, et pourtant, à ce jour, nombreuses sont les boutiques qui continuent à laisser leurs vitrines briller la nuit. Risquant une mise en demeure d’un montant de 750 euros d’amende, ces commerçants devraient être contrôlés par la mairie et la préfecture. Pourtant, comme souvent en France, aucune vérification n’est faite.

La ministre de l’Écologie de l’époque, Delphine Batho, déclarait l’importance « d’arrêter de consommer toujours plus d’énergie pour en produire plus ». Malgré les initiatives des associations FNE (France nature environnement) et ANPCEN (association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne) la loi a, une fois de plus, réussi un tour de force. En privilégiant l’intérêt des enseignes installées avant 2012, elle leur octroie un délai jusqu’en 2018 pour se mettre aux normes. Vous me direz, la date approche à grands pas … Mais cette consommation électrique nocturne a de quoi taper sur le système. Tout au long de la journée, nous fatiguons de toutes ces attaques marketing, sans cesse sollicités par un nouveau produit, une nouvelle promotion. La nuit, on aimerait juste que ça s’arrête.

L’évolution, ça ne rend pas plus intelligent …

Plus nous faisons de progrès dans le secteur des énergies et nouvelles technologies, plus notre monde se meurt. Plus on déniche de nouvelles façons de consommer et de s’enrichir en énergie, plus nous l’épuisons. La cause de cet illogisme ? Le marketing, la vente, la publicité.

Depuis les années 60, les panneaux d’affichage publicitaires se sont multipliés en même temps que les zones commerciales et les voies rapides qui les desservaient. Mais cette publicité traditionnelle ne suffit plus. Dans une société de plus en plus numérique, nous avons besoin de publicité numérique. Écran lumineux, publicités, vidéos diffusés sur grands écrans, panneaux rotatifs …

Des couloirs du métro aux arrêts de bus, jour comme nuit, les images défilent et s’enchaînent inlassablement. Et nos dépenses de kilowatt/heure, aussi. Pour vous donner un ordre d’idée : un écran à LED standard (comme on en voit maintenant partout) consomme annuellement le double, voire le triple d’un foyer français de trois personnes. Tout cela, dans l’unique volonté de vendre un peu plus chaque jour, d’affiner le merchandising et de faire que le produit s’invite jusque dans vos rêves. L’affichage numérique est devenu le symbole d’une publicité hyper visible et intrusive.

En 2015, la ville de Grenoble décide de stopper cette intrusion et devient ainsi LA ville sans publicité. En ne renouvelant pas son contrat avec JC Decaux, elle se débarrasse ainsi de 326 panneaux publicitaires et libère l’espace public de l’affichage massif des publicités. Un bel exemple dont devraient s’inspirer beaucoup d’autres villes.

 

Vues du ciel, nos villes sont donc plongées dans un jour interminable, cherchant à épuiser au plus vite nos énergies avec pour seul objectif d’attirer l’œil des passants noctambules. Bureaux, magasins de déco, collections de sacs à main… Ces vitrines en tout genre hantent nos rues de spectres luminescents, grâce à un merchandising soi-disant bien pensé. On vous le demande donc une dernière fois, du plus profond de nos entrailles : s’il vous plait, éteignez vos vitrines !

 

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