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STOP à la mode des clones

written by MUE magazine octobre 10, 2017
STOP à la mode des clones

Mais où s’est donc envolée notre originalité ? La petite touche qui fera de notre tenue le reflet de notre humeur du jour, l’inventivité d’une allure aux couleurs de notre personnalité. 7 milliards d’êtres humains sur terre, 7 milliards de morphologies, 7 milliards de personnalités différentes et la différence continue de s’atténuer.

Peur du jugement ? D’être mis à l’écart, de faire tâche ? Alors on se laisse glisser gentiment dans la masse et on disparaît petit à petit. Car, oui, mieux vaut ne pas se faire remarquer. Et pourquoi pas ?

Finalement on a envie de parler d’une société moderne de conformisme, mais quand il s’agit de mode, par définition, on a beau remonter le temps jusqu’à l’époque victorienne : les choses n’étaient pas si différentes. Les femmes aisées exhibaient toutes les mêmes toilettes (les pauvres en rêvaient simplement), et les hommes les mêmes costumes, dans des tons variés. C’est l’objectif même d’une tendance, de ce qu’on appelle un effet de mode : le mouvement se répand jusqu’à être adopté par la plus grande des majorités. Besoin d’appartenance, envie de plaire, sécurité de la ressemblance, appelez ça comme vous voulez, mais une chose est sûre : le poids des tendances devient de plus en plus pesant, écrasant ainsi tout soupçon de créativité qui oserait pointer le bout de son nez.

La mode a toujours eu le chic de transformer un soupçon d’originalité en conformisme d’état. Ce phénomène est encore plus fort chez les adolescentes entre 10 et 16 ans (oui, on sait c’est un peu large pour encadrer des adolescentes). En effet, chez les jeunes filles, la pression de l’opinion du groupe dans la construction de l’identité est extrêmement forte et dévastatrice. À cet âge, notre force de caractère et d’émancipation n’est pas encore tout à fait prête à affronter avec vivacité le monde extérieur ni même à s’affirmer dans son propre univers.

Le syndrome du same-style

Le syndrome du « même style » est apparenté à l’adoption par un groupe d’un « uniforme » identique. C’est en tout cas ce que décrit Anne Balas-Klein, spécialiste en marketing de mode à l’école LISAA Paris. Pour elle, chaque groupe identitaire se grime d’un style reconnaissable qui scellera leur appartenance. On pense ici aux capuches des jeunes rebelles, aux barbes des nouveaux hipsters, aux tatouages qui fleurissent sur tous les corps, aux moustaches de ces messieurs et aux cheveux couleur licorne et coupes rétros de ces dames …

Très encouragée par le monde de la publicité, la propagande des marques, mais aussi l’influence récente et mondiale de ces it-girls qu’on voient partout, la mode prend de plus en plus des allures de normes à respecter.

Cette maladie de l’uniformisation se dévoile à travers les travaux de Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek, photographes hollandais, qui portent depuis une vingtaine d’années le projet Exactitudes, capturant les styles vestimentaires des jeunes et leur évolution. Et le diagnostic n’est pas bon : depuis les années 90, on constate en observant leurs photos, un appauvrissement de la diversité. 
On vous conseille d’aller faire un petit tour sur leur site internet, une jolie bibliothèque d’archives de nos garde-robes qui se construit depuis une vingtaine d’années.

Cependant, si chacun se décidait à partir d’aujourd’hui de créer sa garde de robe à son image, se coupant un peu de l’influence de la fashion sphère, ne pensez-vous pas que les gens seraient plus beaux ? Et même si vous devez porter des chaussures à orteils séparés pour se sentir bien : let’s go ! foncez ! 
Bien dans ses baskets, bien dans sa tête. Faisons disparaître cet espèce de diktat du bon goût (parfois douteux) qui s’impose de façon rigoureuse. Ainsi disparaîtraient les langues de vipère qui complotent au boulot, te regardant de la tête au pieds chaque matin.

On va s’arrêter là car la liste est longue. Notre styliste préférée a raison : quoi de plus inspirant que la diversité ? On peut dire d’Inès qu’elle sait relever le défi d’un look unique haut la main. Et on l’aime pour ses rouges à lèvres bleutés.

 

ines-muemagazinemode

 

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