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Les petits dessous de la production de coton

written by Zoé mars 21, 2017
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Bon marché, souple, agréable à porter, facile à entretenir, le coton est dans toutes nos armoires. Mais à quel prix ?

Les mécanismes de la production de coton

Le coton est, aujourd’hui, une des fibres les plus demandées par l’industrie du textile, représentant environ 40% de la production mondiale. Le coton, utilisé pour la fabrication de la plupart des vêtements que nous portons, n’est plus vraiment une matière naturelle éco-friendly. La demande augmente en même temps que les ressources de notre planète diminuent dangereusement.

En 2015,  25,9 millions de tonnes de coton ont été produites à travers le monde. Selon Consoglobe, on retrouve la Chine à la place du plus gros producteur mondial avec 6,41 millions de tonnes de coton produites en 2015, juste devant l’Inde (5,32 millions de tonnes) et les Etats-Unis (3,59 millions de tonnes).

A grande échelle, la culture du coton représente 2,5% des surfaces actuellement cultivées dans le monde. Malheureusement, le cotonnier est sujet à de nombreuses maladies virales ou bactériennes qui viennent s’ajouter aux attaques des insectes et autres acariens. C’est pourquoi les producteurs -utilisent de puissants pesticides pour protéger leurs cultures. Ainsi, 25% des pesticides produis dans le monde sont dédiés à la production de coton. La plupart de ces éléments chimiques utilisés pour protéger la plante sont classés comme « hautement dangereux » voir « extrêmement dangereux » par l’Organisation Mondiale de la Santé. Peut-être que nous pouvons expliquer ici l’augmentation des cas de maladies respiratoires ou encore le recul de l’espérance de vie chez les producteurs ?

Autrefois, la récolte de coton se faisait à la main, on surnommait même le cotonnier l’or blanc. Aujourd’hui, mécanisation oblige, les capsules de coton sont arrachées par des machines agricoles industrielles au moment où elles libèrent leurs fibres. Une fois récoltées, il faut encore laver les fibres, puis les blanchir ce qui exige d’utiliser du chlore ou des azurants chimiques. Une fois la matière crée, on la teint afin qu’elle puisse s’adapter aux idées des créateurs ainsi qu’aux tendances du moment. On utilise donc des métaux lourds et très toxiques comme du plomb ou du chrome. Mais ce n’est pas tout.

Le coton donne soif

La culture cotonnière, à l’échelle mondiale, est la troisième culture la plus consommatrice d’eau d’irrigation après le riz et le blé. Le Water Footprint Network, une association chargée de comptabiliser et diffuser l’empreinte d’eau de différents produits du quotidien, indique que la fabrication de coton nécessite 10 000 litres d’eau pour un kilogramme de coton. En simple, pour assembler un tee-shirt de 250 grammes, on a besoin de 2 500 litres d’eau (juste pour l’irrigation). Si on se lance dans de savants calculs : fabriquer un simple tee-shirt nécessite la consommation moyenne d’eau d’un français pendant trois mois. Rien que ça !

On a beau dire que l’irrigation des cultures de coton est trop importante et peut mener à sa perte un éco-système, une image vaut milles mots.

production de coton, mer aral

© Nasa Earth Observatory

L’Ouzbékistan a été le premier pays à exploiter le coton de manière intensive. Longtemps leader, le pays se retrouve aujourd’hui en difficulté suite à la disparition imminente de la mer d’Aral. En 1960, la mer d’Aral, alimentée par les fleuves Syr-Daria et Amou-Daria, s’étendait sur 67 300 km2. Aujourd’hui, sa superficie a été divisée par deux. Pourquoi ? Car on a détourné chaque année 20 à 60 km3 d’eau des fleuves pour pouvoir irriguer les champs de coton de la région. Résultat : destruction de l’économie locale liée à la pêche, des villages entièrement abandonnés et une quantité impressionnante de pesticides au fond de l’eau qui contamine petit à petit les populations (cancers, anémies et fort taux de mortalité infantiles). 

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