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Ascetisme

written by Sarah août 10, 2017
Ascetisme

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Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un sujet qui m’est tombé sur le coin du nez il y a quelque temps déjà. Comme la plupart des rencontres philosophiques, celle que j’ai eu avec l’ascétisme n’a rien d’extraordinaire. En cherchant le sommeil au hasard des dizaines d’onglets ouverts sur mon ordinateur, je me suis retrouvée à regarder le documentaire d’un jeune trentenaire en quête de sens. Il relatait les parcours de trois personnes venus de milieux différents, d’âges différents et d’aspirations différentes, tous animés par le même but : un dénuement matériel au profit de leur libération spirituelle. Voilà ce que prône ce mouvement. Conceptualisé depuis la Grèce Antique, chaque époque s’est appropriée, à sa façon, ce mouvement. Tantôt il servait de jauge aux épicuriens, tantôt de précepte religieux arbitraire au Moyen-âge. À notre époque, on ne parle plus d’ascétisme, mais de minimalisme. Le mot philosophique a disparu au profit d’un discours boboiste et esthétique. La portée philosophique est délaissée.

Fascinée, puis angoissée par ce documentaire, j’ai décidé d’éteindre mon ordinateur, et de laisser passer ce que j’avais vu, le laisser sombrer dans l’oubli. En fait, j’avais éprouvé un réel stress à l’idée de ce dépouillement matériel. Je m’étais tout de suite imaginée être séparée de tous ces objets « beaux mais inutiles », comme on me le dit souvent, ceux que j’entasse dans ma chambre. À chaque trouvaille loufoque, je ne peux m’empêcher de m’en emparer d’une, d’en prendre possession. Je me dis que je pourrais les regarder inlassablement et qu’ils seront là pour l’éternité, spectateurs de nos souvenirs. Oui c’est cela. Je ne suis pas fondamentalement attachée aux choses. Je suis, il faut l’avouer, plutôt une catastrophe quand il s’agit de prendre soin des objets. Durée moyenne d’un téléphone : six mois, d’un vêtement blanc : samedi soir. Mais, allez donc savoir pourquoi, je m’acharne à entasser tous ces bibelots. Et ces vêtements qui dégoulinent de ma penderie commencent à suffoquer, certains n’ont même jamais eu la chance de voir le jour. Je crois que c’est moi qui ai du mal à respirer. Tous ces trucs là m’empêchent de penser, prennent de la place, me retiennent d’imaginer. Après leur avoir attribué à chacun une histoire, m’être émue de leur immuabilité, il est l’heure de nous séparer.

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